Renouvellement du marché Vélov

Monsieur le Président, chers collègues,

12 années après la mise en service de Vélo’v, qui a été une innovation majeure pour notre territoire, nous pouvons être fiers de son succès.

Le service Vélo’v, c’est 60 000 abonnés et 800 000 ponctuels, 23 000 locations par jour, c’est-à-dire près de 6,5 trajets par vélo et par jour, un chiffre en constante progression. À ce jour, plus de 70 millions de trajets ont été effectués, et les VELOV ont joué un rôle déterminant dans la multiplication par plus de 3 du trafic cycliste depuis 2005 en cœur d’agglomération.

Mais en 12 années, beaucoup de choses ont changé. Si notre agglomération a été pionnière dans le déploiement de ce type de service, il s’est entre temps largement diffusé, tant en France qu’à l’international. Il s’est amélioré grâce au retour d’expérience des premières initiatives. De nouveaux acteurs ont également fait leur apparition.

Aujourd’hui, nous avons l’opportunité de redéfinir notre service de vélo en libre-service.  Le rendre toujours plus performant est indispensable pour répondre aux attentes des utilisateurs actuels ou potentiels et pour nous donner les moyens de nos ambitions en matière de développement des modes doux.

Le nouveau contrat de délégation que nous nous apprêtons à conclure avec JC Decaux est à la hauteur de cet enjeu en proposant les fonctionnalités et services supplémentaires qui permettront de donner un second souffle à Vélo’v.

– Je pense en premier lieu aux 1000 vélos supplémentaires, dont le nombre total sera porté à 5.000 dans le futur contrat. L’extension du réseau en première couronne va également dans le bon sens même s’il faudrait rapidement envisager un déploiement étendu aux communes plus lointaines, déjà plus faiblement desservies par les transports en commun. En effet, mis à part Lyon et Villeurbanne, et 5 stations à Caluire-et-Cuire et Vaulx-en-Velin, aucune des autres communes de la Métropole ne bénéficie à l’heure actuelle du Vélo’v.

– Une autre innovation qui vient corriger un inconvénient majeur du système actuel est la possibilité de rendre un vélo même quand la station est pleine, grâce à un mécanisme de verrouillage électronique. Les incertitudes sur la disponibilité des bornes, alors même que la disponibilité permanente est au cœur de la philosophie de Vélo’v, agissent comme un puissant frein à son utilisation pour certains trajets. Cette fonctionnalité ne sera néanmoins pleinement efficace qu’avec un système de navette, aujourd’hui insuffisant, assurant régulièrement le redéploiement des vélos pour alimenter les stations vides.

– Enfin, et ce n’est pas le moindre des avantages offert par le nouveau contrat, la mise à disposition de vélos à assistance électrique était également très attendue. Ces derniers se sont en effet fortement développés au point de faire désormais partie du paysage urbain. Cette offre de vélos sera particulièrement appréciée par les usagers désirant se rendre sur les hauteurs de notre agglomération ou pour effectuer des trajets plus longs, et à terme pour les usagers de la couronne de Lyon ceci sera un plus. Cette offre sera aussi alléchante pour nos seniors qui ne se servent que très peu du service (2% des abonnés), alors qu’ils représentent près de 35% de la population lyonnaise qui a obtenu une subvention pour l’achat d’un vélo électrique. En ce sens, le vélo électrique est un outil précieux pour convertir aux modes doux de nouveaux habitants.

Toutes ces innovations offertes aux utilisateurs seront déterminantes pour renforcer l’attractivité du vélo en libre-service et nous permettre d’atteindre l’objectif très ambitieux que nous nous sommes fixés d’un taux de report modal en faveur du vélo de 8% à l’horizon 2030. En comparaison avec nos 2 % actuel, chiffre qui a d’ailleurs peu évolué dans le temps malgré le succès de Vélo’v, le chemin à parcourir est en encore long. Mais des marges de progression importantes existent puisque 70 % des déplacements de l’agglomération sont inférieurs à 3 km, et que 58 % d’entre eux se font en voiture.

Vélo’v à lui seul ne sera évidemment pas suffisant. D’autres leviers sont à mobiliser, comme les aménagements de voirie avec la poursuite du développement de notre réseau de pistes cyclables  pour atteindre les 1.000 km d’ici 2020 prévus par le plan Oxygène, ou des normes pour le stationnement vélo plus incitatives, tel que le prévoit notre futur PLUH.

Noter Président a d’ors et déjà annoncé lors de la Convergence Vélo que la Métropole prendrait le relais de l’Etat pour la prime à l’achat d’un vélo électrique dès 2018.

C’est bien en agissant sur tous les plans que nous ferons de la pratique du vélo une évidence.

Je vous remercie.

Marylène MILLET, conseillère métropolitaine

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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