Rapport 2016 sur le développement durable

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Monsieur le Président, chers collègues,

Le hasard du calendrier fait que nous examinons aujourd’hui le rapport de développement durable de la Métropole de Lyon, alors même que notre agglomération connaît depuis plusieurs jours un épisode de pollution particulièrement intense.

La mise en place de la circulation alternée, que nous étions nombreux à demander, notamment en manifestant mardi dernier sur le pont de l’A7,  a finalement été décidée par le préfet de région.

Des dispositifs préfectoraux, comme la réduction de vitesse, ont déjà été pris dans le passé, dès que des seuils d’alerte étaient atteints. Mais c’est bien la première fois dans la région lyonnaise qu’est limitée la circulation automobile, ce qui montre la gravité de la situation.

Les conditions météorologiques y sont bien évidemment pour beaucoup. Lyon n’est d’ailleurs pas la seule agglomération touchée : Paris connaît actuellement le plus long et intense pic de pollution hivernal depuis dix ans.

Cet épisode de pollution exceptionnel ne doit pas non plus masquer les résultats positifs obtenus sur le long terme, puisque la qualité de l’air sur la Métropole de Lyon s’est améliorée sensiblement grâce aux efforts déployés au cours des 10 dernières années, en matière de transports notamment. Les grands lyonnais d’aujourd’hui respirent mieux que les générations précédentes.

La situation actuelle n’en reste pas  moins problématique en matière de santé publique. Elle est aussi désastreuse pour l’image de notre cité en pleine fête des Lumières.

Rappelons que la mauvaise qualité de l’air est la troisième cause de mortalité dans notre pays (3 morts par jour dans la Métropole lyonnaise) et représente 100 milliards d’euros de coûts sanitaires et socio-économiques annuels. En ce qui concerne l’attractivité du Grand Lyon que nous cherchons tant à renforcer, à juste titre, n’oublions pas que la qualité de l’air est une préoccupation majeure pour les habitants.

La lutte contre la pollution de l’air doit de ce fait constituer une priorité de l’action de la Métropole, même si on ne peut évidemment réduire le développement durable à cette seule problématique. Nos efforts doivent être intensifiés pour réduire à l’avenir au maximum la survenance de ces épisodes de pollution.

La Métropole a pour cela récemment adopté des plans d’actions ambitieux : le plan Oxygène, le plan mobilités douces 2016-2020 ou encore sur un autre registre, bien que complémentaire, le Plan Climat Énergie Territorial.

Nous disposons ainsi d’importants leviers d’actions pour réduire les principales sources d’émissions polluant l’atmosphère :

  • En commençant par la plus importante en hiver : le chauffage des bâtiments. 30 millions d’euros sont dédiés à la question de la performance énergétique, via des subventions pour les propriétaires ayant un projet d’éco-rénovation. En complément, un dispositif d’aide financière pour le remplacement des appareils de chauffage au bois anciens devrait voir le jour. Ces actions positives mériteraient certainement d’être renforcées au regard des enjeux.
  • Les activités productives sur notre territoire doivent également faire l’objet de la plus grande vigilance, afin de les rendre plus respectueuses de l’environnement.
  • Les transports constituent le 3ème gisement majeur de pollution. Il faut sur ce point continuer, sans relâche, à renforcer l’attrait de notre réseau de transports publics qui reste globalement performant. Le plan de mandat du Sytral, qui prévoit de consacrer 1 milliard d’euros à des investissements, va dans le bon sens.

Mais nous pouvons faire plus encore pour limiter l’usage de l’automobile. Il est par exemple regrettable que le Plan de Déplacements Urbains 2016-2020, ne fasse  l’objet d’aucun investissement structurel pour la région Ouest de notre métropole, pourtant en pleine expansion.

Sur la politique des mobilités douces en particulier, on constate que la pratique du vélo s’est fortement accrue avec une multiplication par plus de 3 du trafic cycliste depuis 2005 en centre-ville de Lyon.

Néanmoins, avec une part modale qui est restée stable à 2 %, loin de l’objectif de 8% inscrit au PDU à horizon 2030, des marges de progression importantes existent.

Le Plan Mobilités Actives contient certes des actions concrètes comme l’aménagement de 1.000 km de pistes cyclables d’ici 2020 ou la mobilisation de 160 millions d’€.

Mais d’autres mesures pourraient être mises en œuvre, comme l’extension de Vélo’v, qui bénéficie aujourd’hui à un nombre trop limité de communes. De la même manière, on peut regretter que le développement des pratiques douces soit souvent pensé de et à partir de Lyon. Or de nombreux aménagements de voirie peu couteux dans les villes en couronne, y compris sur les axes secondaires dans les zones pavillonnaires permettraient de banaliser le partage de la voirie et faciliteraient les liaisons entre villes de l’agglomération.

Pour conclure, définir des objectifs ambitieux est nécessaire. Mais nous devrons veiller à mettre en œuvre le plus rapidement possible les mesures du plan Oxygène. Sous peine d’avoir de plus en plus de mal à respirer…

Je vous remercie.

Marylène MILLET, Conseillère métropolitaine

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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