Projet de PDU révisé

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Monsieur le Président, chers collègues,

Nous sommes aujourd’hui amenés à donner notre avis sur le projet de Plan des déplacements urbains révisé qui deviendra notre nouveau cadre de référence en matière de mobilités. Autant dire qu’il s’agit d’un document stratégique pour la Métropole, en particulier dans le contexte actuel. Je pense bien sûr au déclassement de l’A6/A7, qui vient tout juste d’être officialisé, et qui doit constituer le point de départ de la mise en œuvre d’un projet d’ensemble visant à traiter les flux de circulations à l’échelle de l’agglomération.

L’analyse du contenu de ce projet de PDU révisé, tant au regard des objectifs qu’ils fixent, que des moyens pour les atteindre, révèle une vision équilibrée qui nous permet de répondre aux grands enjeux pour notre territoire.

Le premier de ces enjeux est de poursuivre la dynamique engagée en faveur de la baisse de l’usage de la voiture, en faisant passer cette part modale de 44 % aujourd’hui à 35 % à l’horizon 2030. La dernière enquête ménage déplacements nous rappelle le chemin déjà parcouru puisqu’elle était de l’ordre de 50% en 2005.

Faire reculer l’utilisation de l’automobile est indispensable pour améliorer la qualité de vie dans nos villes, mais aussi dans une perspective de santé publique. L’épisode de pollution particulièrement intense que nous avons vécu cet hiver, en pleine fête des Lumières, a rappelé l’ampleur du problème, même si l’automobile n’est pas seule responsable et s’il faut reconnaitre que la qualité de l’air sur la Métropole de Lyon s’est améliorée sensiblement grâce aux efforts déployés au cours des 10 dernières années.

Limiter le recours à l’’automobile ne sera possible qu’en rendant plus incitatifs les modes doux, notamment pour les trajets les plus courts. Des marges de progression existent avec une part modale du vélo aujourd’hui relativement faible, de l’ordre de 2%, et stable dans le temps. L’objectif d’atteindre 8% en 2030 est de ce point de vue particulièrement volontariste. Nous disposons d’atouts pour cela, grâce aux services innovants mis à la disposition des grands lyonnais, la réalisation de nouvelles pistes cyclables pour atteindre 1000 km de voies dans l’agglomération d’ici à 2020, comme le prévoit le Plan Mobilités Actives, ou encore la reconduction de la prime d’aide à l’achat d’un vélo à assistance électrique.

Cela ne sera surtout possible qu’en renforçant toujours plus l’attractivité des transports en communs, dont la part modale est déjà passée de 15 % à 19 % en 10 ans, afin de la porter à 22%.  Cela passe par le développement d’une offre nouvelle sur l’ensemble du territoire, tant par train que par métro, tramway, ou bus, ainsi que par la mise à disposition des parcs relais correspondants.

Pour y parvenir, nous pouvons compter sur l’ambitieux plan de mandat du Sytral qui prévoit déjà, jusqu’en 2020, cette orientation autour de projets structurants comme le prolongement du métro B ou la réalisation du T6. Néanmoins, dans la perspective de la transformation de l’A6/A7, il parait déjà insuffisant. Il est donc nécessaire de se projeter au-delà et d’avancer rapidement sur les projets identifiés dans ce PDU comme la création d’une ligne de métro E, ou le traitement de l’entrée sud et sud-ouest de l’agglomération aujourd’hui complètement saturée, avec le prolongement du métro B jusqu’à l’A450 et de la ligne A vers le boulevard urbain Est, ce qui permettrait de capter en amont le trafic automobile.

Le déclassement de l’A6/A7 et sa transformation en boulevard urbain rend également indispensable la réalisation de l’anneau des sciences et d’un contournement Est performant.

Le ferré doit aussi être un volet à part entière de cet effort global pour répondre aux enjeux en matière de déplacements sur notre territoire, avec un investissement important de la région que nous appelons de nos voeux.

Nous le voyons bien, les enjeux autour de la révision du PDU sont immenses. Ce dernier nous donne de nouveaux objectifs et un plan d’actions. A nous de veiller à sa mise en œuvre, ce qui ne sera évidemment pas facile dans le contexte budgétaire actuel. Mais cela n’en reste pas moins nécessaire.

Je laisse maintenant la parole à Pierre DIAMANTIDIS qui prend le relais sur cette intervention pour une explication de vote.

Je vous remercie.

 Marylène MILLET, Conseillère métropolitaine

 

Complément de Pierre DIAMANTIDIS

Monsieur le Président, chers collègues,

Ce projet de Plan de Déplacements Urbains ne prévoit aucun investissement en faveur de la desserte des communes du Nord-Ouest de notre métropole d‘ici 2030 alors que la population et  les activités économiques y augmentent régulièrement conformément aux préconisations du S.C.O.T.

Pour notre commune, par exemple, la population s’est accrue de 15 % en dix ans alors que, dans le même temps, l’offre des transports en communs a diminué de 15 à 20 % selon les tranches horaires…

Devant cette situation et l’absence d’écoute du SYTRAL, le conseil municipal de notre commune, en sa séance du 13 février 2017, a émis un avis défavorable.

Par conséquent, je m’abstiendrai.

Je vous remercie.

Pierre DIAMANTIDIS, Conseiller de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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