Projet Anneau des sciences

photo RC

Monsieur le Président, chers collègues,

Par cette délibération, il nous est proposé d’aller plus en avant dans les études et la définition concrète du projet de l’anneau des sciences.

Celui-ci s’inscrit dans la mise en œuvre d’un projet global et cohérent pour répondre aux enjeux de déplacements sur le territoire de la Métropole. Il est aussi la condition de la réussite du déclassement de l’A6/A7 et donc de son acceptation par les élus et les habitants de notre territoire. L’anneau des sciences constitue une pièce maîtresse de ce dispositif, tout comme le grand contournement Est de transit par Saint-Exupéry.

Certains s’interrogent sur la pertinence d’un tel projet, en considérant qu’investir dans la réalisation d’infrastructures routières relèverait d’une conception dépassée de l’aménagement du territoire.  Je leur dirai que l’anneau des sciences vient corriger une autre anomalie, celle d’avoir aujourd’hui un périphérique incomplet, qui ne peut donc pas pleinement jouer son rôle.

Il est d’ailleurs vain d’opposer transports en communs et réseaux routiers. Les mobilités doivent être prises en compte dans leur globalité et leur diversité. Quelles que soient nos ambitions en matière de report modal vers les transports en commun ou les modes doux, sur lequel notre Métropole enregistre d’ailleurs de bonnes performances, il est utopique de penser qu‘une agglomération de la dimension de Lyon puisse se passer de voieries routières performantes de capacités suffisantes.

N’oublions pas que le PDU révisé sur lequel nous nous sommes prononcés aujourd’hui prévoit une nouvelle baisse significative de la part des déplacements réalisés en voiture et deux-roues motorisés. Mais malgré la mise en œuvre par le Sytral d’un plan de développement ambitieux des transports en commun, cette part modale restera de l’ordre de 35 % à l’horizon 2030 contre 44% aujourd’hui.

Il existe bel et bien un niveau minimum de trafic routier difficilement compressible que nous devons gérer. Car le phénomène de métropolisation à l’œuvre, marqué par une concentration toujours plus forte d’hommes, d’activités et de richesses dans les grands centres urbains, entraine de fait une multiplication des flux de déplacements de toutes natures.

Sans anneau des sciences, notre agglomération étoufferait. Elle ne pourrait plus répondre aux besoins de déplacements par la route de nos entreprises, de nos transports en commun et de nos habitants, ce qui oblitérerait fortement ses perspectives de développement et son cadre de vie.

Il est d’autant plus vain d’opposer l’anneau des sciences et le développement des transports en commun que le projet actuel, tel que validé à l’issue du débat public, donc acté dans son tracé, est justement conçue comme un outil multimodal connecté au réseau de transports publics. L’objectif de l’anneau des sciences est bien de capter le trafic automobile en amont et de favoriser l’utilisation de transports en commun pour rejoindre le cœur d’agglomération, grâce notamment à la mise à disposition de parcs relais tout au long du parcours.

Ce projet doit donc être mis en perspective avec les investissements prévus par le Sytral dans l’ouest lyonnais pour renforcer notre réseau de transports en commun, lequel s’appuiera sur l’anneau des sciences. C’est par exemple l’opportunité de constituer des pôles multimodaux sur les différentes portes d’accès avec le prolongement du métro B ou à Alaï avec le futur métro E, ou encore en connexion avec des lignes de bus fortes existantes ou à créer (LEOL, A2, A4, etc…). A terme, il pourra servir de « Circle Line » comme à Londres et faciliter les liaisons Est-Ouest dans notre agglomération au fur et à mesure de la diminution du trafic.

L’Anneau des sciences et le réseau du Sytral renforcé seront donc bien complémentaires et permettront, ensemble, un rééquilibrage de notre territoire en matière d’infrastructures de transport au profit de l’ouest lyonnais où nous constatons tous les jours l’encombrement de nos cœur de communes comme à Écully, Tassin, Francheville, Saint-Genis-Laval, Pierre Bénite pour n’en citer que quelques-unes…

Pour faire aboutir ce projet qui est bien un investissement d’avenir, il est aujourd’hui nécessaire de lancer les études d’approfondissement préalables à l’enquête publique, et ainsi compléter les 1ère études réalisés dans le cadre de l’organisation du débat public de 2012. C’est bien l’objet de cette délibération.

Elles porteront sur les aspects stratégiques du projet comme le tracé, les scenarii d’aménagement des différentes portes et leur insertion dans l’environnement péri urbain, ainsi que l’aménagement des voiries de l’ouest lyonnais au profit des transports en commun et des modes doux. La préparation de l’enquête d’utilité publique et les différentes enquêtes sur l’air et sur l’eau nécessaires pourront être menées  à bien en répondant concrètement aux interrogations des maires des communes concernées.

Par ailleurs, il s’agit aussi par ces études de préciser le coût du projet et les modes de financement, ou encore les retombées socio-économiques sur le territoire.

Notre groupe votera bien entendu cette délibération qui permet d’avancer sur ce projet.

Je vous remercie.

Roland CRIMIER

Vice-Président de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

%d blogueurs aiment cette page :