Programme métropolitain d’insertion pour l’emploi (PMIE)

Marylène

Monsieur le Président, chers collègues,

Avec l’adoption du Programme métropolitain d’insertion pour l’emploi, une étape importante pour la Métropole est en passe d’être franchie. Ce document cadre, qui fixe les grandes orientations politiques de notre collectivité pour le mandat en cours, était très attendu.

Il était attendu car l’insertion est une nouvelle compétence qui recouvre autant le versement du revenu de solidarité active que l’accompagnement social et professionnel des bénéficiaires. Elle symbolise ainsi la nouvelle dimension prise par notre collectivité depuis le 1er janvier.

Sur notre territoire, on compte près de 50.000 foyers allocataires du RSA, soit plus de 108.000 personnes couvertes par le dispositif, 8% de la population métropolitaine. Ce nombre est en hausse ininterrompue depuis 2009 avec +9% l’année dernière, comme en 2013, et l’augmentation la plus forte s’observe pour le RSA activité seul avec +13% sur l’année 2014, c’est-à-dire 1 300 foyers supplémentaires.

Les enjeux financiers sont considérables. Le RSA représente une charge très dynamique dont les principaux paramètres, comme le montant et les conditions d’accès, nous échappent. La Métropole consacre près de 235 Millions d’euros pour l’insertion cette année, dont 218 Millions d’euros pour le seul versement des prestations.

Le Programme métropolitain d’insertion et d’emploi était également attendu car c’est bien sur cette question de l’insertion que la Métropole devra faire la preuve de sa capacité à mobiliser de nouveaux leviers d’action pour améliorer l’efficacité de l’action publique.

Nous pouvons, tant sur le forme que sur le fond, nous féliciter du travail accompli. La Métropole se dote aujourd’hui d’un outil à la hauteur des enjeux et de ses ambitions en matière d’emploi et d’insertion.

Sur la forme, je pense évidemment à la démarche de concertation exemplaire qui a été engagée à partir d’avril 2015. Il était indispensable pour la Métropole de s’approprier cette nouvelle compétence, de prendre le temps de la réflexion, en prenant appui sur l’expertise des acteurs du territoire.

Cette grande concertation qui a réuni 150 structures institutionnelles et associatives de l’insertion, mais aussi, et c’est là une innovation majeure, les représentants du monde économique, a permis l’émergence d’une vision partagée. Elle a donné lieu à des réunions plénières et thématiques, et à des rencontres avec les élus dont les présidents des groupes politiques et des CTM. De nombreuses contributions ont été portées au débat et ont enrichi cette concertation.

La forte mobilisation de l’ensemble de ces acteurs s’est aussi manifestée dans les territoires, par le biais des Commissions Locales d’Insertion qui ont apporté un éclairage territorial sur cette problématique.

Satisfaction également sur le fond. En effet, le document présenté aujourd’hui traduit bien la volonté de la Métropole de donner un nouveau souffle à la politique d’insertion. Les 3 grandes orientations stratégiques et les 14 objectifs qui y sont inscrits abordent toutes ses dimensions et répondent à l’ensemble des problématiques auxquelles nous sommes confrontés.

Le fil directeur de ce programme métropolitain est le croisement des politiques publiques afin de développer des synergies nouvelles entre les politiques d’insertion et de développement économique. J’évoquais précédemment le fait que la Métropole devra faire la preuve de sa capacité à mobiliser de nouveaux leviers d’action. Très clairement, assurer une meilleure articulation de nos compétences constitue le véritable enjeu. C’est la clé pour apporter une plus-value à notre action par rapport à ce que faisait le Département.

Car l’objectif à poursuivre est bien d’améliorer l’insertion professionnelle des personnes éloignées de l’emploi, pour sortir par le haut un maximum de personnes du dispositif RSA. Rappelons qu’aujourd’hui 36% des allocataires sont en activité.

Première orientation du pacte : rapprocher le monde de l’entreprise et de l’insertion, ce qui passe par des actions concrètes à destination des entreprises pour les sensibiliser et les encourager à se mobiliser sur les questions d’insertion.

C’est tout l’intérêt de l’opération « 1000 entreprises pour l’insertion », une démarche unique en France dont l’objectif est de mobiliser dans les quatre années du programme 1000 entreprises qui s’engageront à mener une action en faveur de l’insertion des publics en difficulté comme une embauche, un contrat passé avec une entreprise d’insertion ou un engagement dans une action de formation.

Il est également proposé de rendre nos dispositifs plus lisibles pour les entreprises qui sont trop souvent dépassées par leur complexité. Il s’agit de développer une offre de services qui leur est dédiée autour de la mise en place d’un interlocuteur clairement identifiable assurant l’interface, le chargé de liaison entreprise emploi.

Sans tous les citer, d’autres leviers d’actions intéressants sont mobilisés comme le co-financement de contrats aidés auprès d’employeurs du territoire, le soutien renforcé aux entreprises du secteur de l’insertion par l’activité économique ou encore la mise en réseau de l’ensemble des professionnels de l’insertion et du monde économique.

Ces mesures vont dans le bon sens. Elles correspondent à des demandes fortes exprimées dans le cadre de la concertation.

La 2ème grande orientation du pacte s’articule autour d’un ensemble cohérent d’actions à destination des personnes dont la Métropole a la charge. Il s’agit là de développer une offre de services orientée vers l’accès à l’activité des bénéficiaires et tenant compte de la diversité des profils, afin de dynamiser leurs parcours.

Je pense en particulier à tout ce qui permet d’agir sur les freins périphériques à l’emploi comme les questions de mobilité pour lesquelles la Métropole soutient déjà des initiatives innovantes dans le cadre de la plateforme mobilité – emploi.

Sont également prévus des efforts accrus pour améliorer l’employabilité des personnes concernées en développant leurs capacités et compétences pour mieux répondre aux besoins des entreprises.

C’est encore la sécurisation des parcours en renforçant l’information des allocataires sur leurs droits et devoirs et en simplifiant les démarches administratives d’accès aux droits.

Enfin, et parce que la politique d’insertion ne réussira que par la mobilisation de l’ensemble des acteurs autour d’un projet commun, la 3ème orientation du programme métropolitain est essentielle.

Sur ce point, la Métropole doit effectivement montrer l’exemple. Elle doit notamment le faire en actionnant en son sein le levier de la commande publique. Le schéma des achats responsables en cours d’élaboration devra traduire notre volonté et notre engagement en la matière.

Elle doit également le faire en mobilisant, dans une vision transversale, l’ensemble de ses compétences pour développer l’offre d’insertion. Nous pourrons pour cela nous appuyer sur le schéma des solidarités également en cours d’élaboration.

L’adoption du PMIE ne marque pas un aboutissement mais bien un commencement. Ce document est d’ailleurs amené à évoluer en fonction des évaluations qu’il conviendra de conduire sur les dispositifs mis en œuvre. A nous de nous l’approprier avec l’ensemble des autres acteurs concernés pour faire de la politique emploi-insertion de la Métropole un succès.

Je vous remercie

Marylène MILLET, Conseillère métropolitaine

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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