Tourisme – taxe de séjour

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Monsieur le Président, chers collègues,

La taxe de séjour est un instrument clé de notre politique en matière de tourisme depuis que le Grand Lyon a hérité de cette compétence en 2010.

Elle l’est d’autant plus que la taxe de séjour, qui est acquittée par les touristes séjournant dans les hébergements marchands, constitue une recette fléchée. Elle doit obligatoirement être affectée à des dépenses destinées à favoriser la fréquentation touristique du territoire.

En 2014, avec 4,5 millions de nuitées et 6 millions de touristes, la taxe de séjour a rapporté 5,2 millions d’€ à la Communauté urbaine de Lyon, une somme significative qui a permis de financer des actions visant à développer l’attractivité de l’agglomération lyonnaise.

Ces actions sont indispensables. Nous évoluons aujourd’hui dans un contexte de forte concurrence entre les grandes métropoles européennes, autant pour l’accueil du tourisme de loisirs que pour le tourisme de congrès. Dans ce contexte concurrentiel, promouvoir le Grand Lyon comme une destination incontournable est un enjeu stratégique.

Cet enjeu est d’autant plus important que le tourisme de loisirs connait d’importantes mutations avec notamment l’essor des city break, ces courts séjours très prisés par les touristes. Sur ce point, la Métropole lyonnaise dispose de forts atouts avec sa gastronomie,  son offre culturelle et évènementielle et son patrimoine architectural classé.

La concurrence est encore plus acharnée pour les congrès et salons, ce secteur ayant dégagé près de 450 millions d’€ de retombées économiques sur le Grand Lyon en 2013.

Nos efforts doivent donc être intensifiés pour renforcer le positionnement de notre agglomération. Les résultats déjà obtenus sont encourageants. Lyon ne cesse de progresser dans les classements. Dernièrement, The Daily Telegraph, qui publie chaque année son classement des 10 meilleures villes européennes pour un City Break, a placé Lyon en 1ère position.

Lyon a également obtenu la 2ème place du classement 2014 de l’Union des Associations Internationales, un classement de référence pour les villes organisatrices de congrès associatifs. Au niveau européen, notre métropole réalise également une belle performance grâce aux 38 congrès internationaux accueillis en 2014, en se classant à la 20ème place alors que les 28 capitales sont représentées.

Les dépenses engagées dans la promotion de notre territoire grâce aux recettes de la taxe de séjour constituent un levier important et bénéficient à l’ensemble des professionnels du tourisme.  Sur le seul territoire du Grand Lyon, le tourisme au sens large représente plus de 26.000 emplois salariés.

Au titre de sa compétence tourisme, la Métropole est amenée à ajuster sa politique tarifaire en fonction de ses propres objectifs.

Il faut notamment être attentif aux nouvelles pratiques en matière de tourisme. Des offres alternatives d’hébergements apparaissaient telles que les plates-formes de location entre particuliers qui connaissent un essor spectaculaire.

Sur ces évolutions, nous devons avoir une approche pragmatique. Ces services se développent car ils répondent à une attente et sont bien souvent complémentaires vis-à-vis des structures traditionnelles. Ils drainent une nouvelle clientèle et apportent une certaine souplesse notamment, quand les capacités d’accueil montrent leurs limites, lors de grands évènements.

Il s’agit néanmoins d’accompagner et d’encadrer ces évolutions qui soulèvent des problématiques nouvelles que nous ne pouvons ignorer. Je pense à la distorsion de concurrence que cela peut engendrer à l’égard des professionnels du tourisme, lorsque la taxe de séjour n’est pas acquittée ou lorsque certains particuliers affectent à plein temps leurs biens immobiliers à cette activité de location meublée, exerçant de fait une activité professionnelle non déclarée.

La loi de finances 2015 et son décret d’application du 31 juillet prévoient la collecte de la taxe de séjour par les plateformes de type Airbnb directement auprès des internautes effectuant une réservation.

Cette avancée doit rapidement se décliner sur notre Métropole qui a engagé des démarches auprès des grandes plateformes. Cela permettra de rétablir l’équité fiscale, tout en facilitant la lutte contre les activités non déclarées, ainsi que la collecte de recettes supplémentaires pour intensifier et accompagner le développement de l’attractivité de notre collectivité.

Je vous remercie.

Fouziya BOUZERDA, Présidente du groupe CIMéT, Conseillère déléguée de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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