Modification de la gouvernance Aéroports de Lyon

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Monsieur le Président, chers collègues,

La décision de l’État de se désengager de l’aéroport de Lyon – Saint Exupéry en procédant à sa privatisation partielle représente une réelle opportunité pour notre Métropole.

Aujourd’hui, Saint Exupéry est le principal point faible pour l’attractivité internationale de notre agglomération et de notre région. Ce constat est largement partagé par les dirigeants d’entreprises internationales implantées à Lyon.

Le décalage est en effet frappant quand on compare notre puissance économique qui ne cesse de progresser dans le classement des métropoles européennes sur des indicateurs de tourisme et de performances économiques et la taille de notre aéroport.

Certes, ce dernier est sur une dynamique positive, puisque sur les neuf premiers mois de l’année 2016, Lyon-Saint Exupéry affiche la meilleure croissance des grands aéroports nationaux avec près de 9%, grâce notamment à une forte progression du trafic international.

Mais ces bons chiffres d’activité sur la période récente ne doivent pas faire illusion. Saint-Exupéry ne figure même pas dans le top 50 européen. Il se situe clairement en seconde division des infrastructures aéroportuaires.

Pour s’en rendre compte, il suffit de rappeler qu’en 1975, les aéroports de Lyon et de Manchester traitaient le même nombre de passagers. Aujourd’hui, le second a dépassé la barre des 23 millions, alors que Saint Exupéry a accueilli l’année dernière 8,7 millions de passagers.

Nous connaissons les raisons de cette situation :

– bien sûr, la politique d’Air France qui continue de privilégier Roissy, son hub parisien, pour les liaisons intercontinentales qui sont pourtant si importantes pour le développement à l’international de notre agglomération ; or, la limitation actuelle des liaisons intercontinentales d’Air France à Saint-Exupéry n’implique pas que les voyageurs lyonnais montent plus à Paris puisque ces derniers ont également tendance à privilégier Genève ainsi que les connexions par d’autres hubs européens,

– autre raison, la volonté de l’Etat de protéger Air France en limitant fortement l’ouverture de ces lignes longs courriers au départ de Saint-Exupéry, alors même qu’il existe une demande forte de nouveaux créneaux et notamment de la compagnie Emirates en croissance de près de 5%, et implantée durablement depuis 4 ans

– enfin, la stratégie de la SNCF de privilégier la gare de la Part Dieu au détriment de celle de Saint Exupéry, qui n’a depuis sa construction en 1994, jamais été utilisée ni valorisée comme une véritable plateforme multimodale.

En clair, il manquait jusqu’à présent une réelle volonté de l’actionnaire majoritaire qu’est l’Etat de faire « décoller » notre aéroport. Nous avons aujourd’hui l’opportunité de débloquer ce qui entrave son développement, en co-construisant un nouveau projet avec Vinci et les autres actionnaires locaux.

Dans le cadre de la nouvelle gouvernance dont il est question dans cette délibération, l’actionnaire majoritaire, qui détient 60% du capital, disposera de 9 sièges sur les 15 que compte le conseil de surveillance. Mais la mise en place d’une majorité qualifiée des 10/15° garantira aux actionnaires locaux (Métropole, Département, région, CCI) un droit de veto pour les décisions les plus importantes.

Ce nouvel actionnariat ne fera évidemment pas tout, puisque l’État conservera des prérogatives importantes, comme les droits d’ouverture de nouvelles lignes. Mais il nous permettra, grâce à un actionnaire majoritaire qui aura tout simplement intérêt à développer l’aéroport, d’afficher une ambition partagée fondée sur une stratégie offensive.

Ce projet de développement ambitieux pour l’aéroport de Lyon-Saint Exupéry doit avoir comme objectif de créer à terme une plateforme intermodale desservant un réseau de destinations européennes et internationales de qualité et ainsi de franchir le seuil des 20 millions de passagers.

Accompagner la montée en puissance de notre Métropole au niveau international passe notamment par le renforcement de l’offre moyen-courrier et intercontinentale pour répondre aux besoins d’une clientèle « affaires » et « touristique ». Cela passe également par celui du fret aérien et des activités liées.

Développer notre plateforme aéroportuaire est en effet un enjeu vital. Les aéroports sont un outil structurant de l’attractivité et du développement économique des territoires. En 2007, alors que l’aéroport de Lyon produisait 100 millions d’euros de chiffre d’affaires (140 aujourd’hui), les études montraient qu’il générait 2,5 milliards d’euros de retombées économiques.

La métropole de Lyon ne pourra attirer et maintenir des centres de décisions avec un aéroport trop limité dans ses destinations à l’international. Sur ce point, le développement de notre aéroport est un levier puissant pour le maintien des activités économiques sur le territoire métropolitain et l’accompagnement à la croissance et à l’export de nos entreprises.

Il s’agit donc aujourd’hui de libérer le potentiel de notre aéroport qui dispose de nombreux atouts, à savoir une situation géographique exceptionnelle aux plans européen et régional, une des premières plaques en France d’intermodalité, une réserve foncière unique en Europe, un trafic non saturé, ainsi qu’une zone de chalandise étendue et démographiquement dense.

La modification de la gouvernance de la société des aéroports de Lyon n’est que le commencement. Le travail est maintenant devant nous pour faire de Lyon Saint-Exupéry l’une des grandes plateformes aéroportuaires européennes, à la mesure de la dynamique que nous continuerons à impulser dans notre territoire.

Je vous remercie.

Fouziya BOUZERDA, Présidente du groupe CIMéT, Conseillère déléguée de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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