Loi d’orientation des mobilités

sans-titre1

Monsieur le Président, chers collègues,

La future loi d’orientation des mobilités représente un intérêt majeur, puisqu’elle vise à apporter aux métropoles et aux territoires une capacité à poursuivre et amplifier leurs actions dans ce domaine, en leur permettant d’exercer pleinement leur rôle d’autorité organisatrice de la mobilité.

L’atelier territorial qui s’est tenu à Lyon le 16 novembre 2017 dans le cadre des Assises nationales de la mobilité, a permis de faire émerger les enjeux forts auxquels nous sommes confrontés sur notre territoire et à formuler un certain nombre de propositions.

Il y a bien sûr, nous en avons débattu un peu plus tôt, la volonté de la Métropole de réorganiser progressivement d’ici 2030, et de manière conjointe avec l’Etat, le système des grandes voiries structurantes d’agglomération, afin notamment de parvenir à éloigner de l’agglomération l’intégralité du trafic de transit.

Sur ce point, nous attendons de l’Etat des investissements d’infrastructure, et l’adoption de dispositions législatives et réglementaires au service de cette politique visant à préserver les cœurs d’agglomération que partagent de nombreuses grandes villes françaises.

Car les solutions techniques que nous privilégions, comme le péage de transit, et le contrôle automatique des poids lourds, existent déjà.  Il suffit de regarder ce qui est fait ailleurs en Europe pour constater le retard de la France en la matière.

La contribution de la Métropole insiste également, et à juste titre, sur la réalisation du projet d’Anneau des Sciences, autre pièce maîtresse du dispositif, ainsi que sur l’amélioration du Nœud ferroviaire lyonnais actuellement saturé.

Enfin, parmi les nombreux autres points abordés dans cette contribution, l’accent mis sur l’innovation à soutenir et orienter est à souligner.

Nous voyons émerger un peu partout des solutions technologiques qui bouleversent profondément le secteur des transports. Cela demande aux acteurs de la mobilité d’avoir toujours un temps d’avance pour être en capacité d’identifier les nouveaux enjeux, en anticipant les besoins futurs et les évolutions dans les modes de vie.

Les pistes d’action ne manquent pas : promouvoir de nouvelles offres de covoiturage, encadrer les initiatives privées de mobilité en libre-service sans station, faciliter des expérimentations pour le développement du véhicule autonome, organiser une gouvernance des données mobilité pour favoriser leur usage, poursuivre le développement d’une billettique et d’une tarification intégrées pour l’ensemble des services de mobilité pour aller dans le sens de cette mobilité sans couture que nous cherchons à promouvoir.

Innover, c’est notamment travailler sur des nouveaux concepts de transports qui nous permettront d’aborder la mobilité différemment. Je pense bien sûr au formidable essor des véhicules autonomes, à l’image du concept Navly qui mériterait d’être développé pour pouvoir utiliser ce service de navettes électriques autonomes en complément des lignes de bus, métro ou tramways, afin de mailler plus finement l’agglomération.

Encore faut-il que la législation puisse accompagner, et non pas freiner, le développement des véhicules autonomes, puisqu’en l’état actuel, la présence d’un personnel demeure obligatoire. C’est ce que le Sytral a demandé à l’État dans le cadre des Assisses de la mobilité.

A ce stade, il convient peut-être de rappeler que le SYTRAL, qui joue le rôle d’Autorité Organisatrice unique des Transports sur tout le département, constitue une particularité unique en France qu’il convient de défendre et de conforter avec la future loi d’orientation. Nous nous y employons dans le cadre des échanges avec la ministre des transports, Elisabeth BORNE, notamment avec l’ensemble des autres autorités réunies au sein du GART.

Grace au SYTRAL, nous avons un outil efficient qui se consacre entièrement au développement du réseau, à son organisation et à son exploitation. Sa force résulte d’une feuille de route claire, qui est le plan de mandat, et de sa capacité d’investissement importante.

 Cette capacité d’investissement permet de répondre aux besoins de déplacements de nos concitoyens, de répondre aux enjeux environnementaux de notre territoire et concoure bien sur également à l’attractivité de notre métropole.

Préserver cette capacité d’investissement est une priorité pour le SYTRAL, qui réclame avec les autres autorités organisatrices la sacralisation dans la future loi du Versement Transport qui représente près de 40% de ses ressources. Cette ressource fiscale est indispensable à notre développement et nous devons tous en être convaincus.

Vous l’aurez compris, les acteurs concernés attendent beaucoup de cette future loi d’orientation des mobilités et nous ne pouvons qu’espérer que nos contributions seront entendues.

Je vous remercie.

Fouziya BOUZERDA, Vice-présidente de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

%d blogueurs aiment cette page :