Déclassement A6/A7 en coeur d’agglomération

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Monsieur le Président, chers collègues,

Le déclassement de la portion des autoroutes A6/A7 dans la traversée de l’agglomération lyonnaise est, évidemment,  une occasion historique pour notre Métropole.

L’accord de principe que vous avez obtenu auprès du secrétaire d’Etat aux transports début mai, Monsieur le Président, était attendu depuis longtemps. Aujourd’hui, nous avons enfin la possibilité de prendre notre destin en main.

Cette autoroute forme, en effet, depuis plus de 40 ans une plaie dans le tissu urbain, qui partage le cœur même de notre ville en deux. Sa congestion paralyse chaque jour les entrées de notre métropole et occasionne autant de nuisances sonores que de pollution pour tous les riverains de nos territoires.

En donnant une image dégradée des entrées Sud et nord de notre agglomération, elle est aussi un vrai frein à son développement.

Ainsi, par exemple, le contraste est particulièrement saisissant pour le quartier de la Confluence. Nous avons, d’un côté, un secteur en pleine mutation avec des réalisations remarquables, à l’image du musée des confluences et son architecture avant-gardiste et de l’autre, à proximité immédiate, la présence de cette autoroute  urbaine, vestige d’une époque où la place de la voiture était centrale dans l’esprit des aménageurs, et qui ne répond plus aux enjeux de mobilité d’une grande métropole du XXIème siècle.

Évidemment, le déclassement de l’autoroute A6/A7 ne constitue pas la fin de l’histoire mais bien son commencement et son succès est conditionné au respect d’une chronologie respectant les attentes quotidiennes de nos concitoyens, c’est-à-dire des trajets rapidement et confortablement effectués.

En effet, est-il raisonnable de prévoir des aménagements à l’horizon 2025 /2030 sans avoir préalablement réduit drastiquement la circulation sous le tunnel de Fourvière. Nous supposons que des études de circulation par tranches horaires existent.  Mais en tout état de cause, il semble difficile de faire circuler 80 000 véhicules / jour sur une voirie réduite à 2 fois une voie comme le prévoit notre Préfet à l’horizon 2020…

Sans attendre, il faut avancer sur les solutions à mettre en œuvre pour traiter de manière globale les flux de circulations à l’échelle de l’agglomération.

C’est la condition de la réussite du projet de boulevard urbain et de son acceptation par les populations des territoires métropolitains impactés. Dans des interviews dans la presse et lors d’une récente réunion à la préfecture, les Maires des communes concernées ont fait part de leur grande inquiétude, notamment au moment où il leur est demandé de construire plus de logements afin de faire face à un accroissement de leur population et de développer des activités économiques.

Aujourd’hui, ce sont en effet 115.000 véhicules par jour qui empruntent l’A6/A7 dont seulement 15 000 en transit. Encore faut-il en connaitre  les tranches horaires. Mais qu’en est-il de ces chiffres au moment des pointes du matin, du soir et des périodes de migrations de congés ? Autant dire que l’objectif de ramener à l’horizon 2020 ce chiffre à  80 000 véhicules par jour parait très ambitieux

Pour limiter le trafic sous le tunnel de Fourvière et éviter un important report sur les autres communes de la Métropole, plusieurs leviers sont à actionner :

– éloigner de l’agglomération l’intégralité du trafic de transit (pour info : 44 000 véhicules par jour entre le nord et le sud de l’agglomération dont 25 000 sur la rocade déjà en partie saturée), notamment en exploitant mieux le potentiel de l’A 432 aujourd’hui trop peu utilisée car mal connectée et surtout payante ; Et il est indispensable pour cela de ne pas faire déboucher la future A45 dans l’agglomération mais bien de la connecter plus au sud comme le prévoyait la DTA de 2006

– développer massivement les transports en commun. Certes  le plan de mandat du Sytral comporte déjà jusqu’en 2020 des projets structurants comme le prolongement du métro B ou du T1 mais face à un tel projet, il semble déjà tout à fait insuffisant.

Il convient donc d’intensifier encore les efforts dans la perspective de la transformation de l’A6/A7 afin de développer une offre attrayante de transports en commun sur l’ensemble du territoire, et tout particulièrement les entrées Nord et Ouest, seul moyen de limiter le recours à l’automobile.

Ces différentes mesures ont des temporalités différentes. Mais il est indispensable d’anticiper dès à présent les conséquences du déclassement et de créer, avant la réduction des capacités de trafic de la liaison urbaine A6/A7, une offre nouvelle, massive et attrayante de transports en commun, tant par train, tram, métro que par autobus ainsi que la création de parcs relais correspondants. Faute de cette indispensable symétrie, les conséquences inévitables en matière de report de trafic et donc d’acceptation par la population se révéleraient potentiellement désastreuses.

A tout cela s’ajoute la question de la politique des transports de la région, notamment pour le réseau ferré. Une coordination étroite nous semble indispensable surtout en cette période où les marges de manœuvres financières sont de plus en plus contraintes.

Je vous remercie de votre attention.

Pierre DIAMANTIDIS, Conseiller de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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