Déclassement A6/A7

photo RC

Monsieur le Président, chers collègues,

Sur ce dossier particulièrement important, il convient de garder à l’esprit que le déclassement de la portion des autoroutes A6/A7 dans  l’agglomération lyonnaise a été officialisé fin 2016 et que la Métropole assure la gestion de ces voies depuis le 1er novembre 2017 seulement.

Moins d’un an plus tard, la Métropole est en mesure de présenter un programme d’actions d’un montant de près de 30 millions d’euros à l’horizon 2020, c’est-à-dire demain.

Il va permettre de concrétiser  ce déclassement par des aménagements qui vont profondément améliorer le cadre de vie de nos concitoyens et renforcer l’attractivité de notre agglomération, tout en agissant concrètement pour le climat et le plan Oxygéne.

Aujourd’hui, la Métropole démontre qu’elle assume ses responsabilités avec détermination. Par cette décision, nous affirmons aussi clairement notre crédibilité vis-à-vis de l’État, en prouvant notre capacité à gérer un dossier aussi complexe et impactant du point de vue financier.

Le Sytral jouera son rôle en se mobilisant aux côtés de la Métropole pour transformer cette portion autoroutière en un boulevard urbain  apaisé et multimodal.

Cela passe notamment par des solutions de transports en commun performantes, comme cela est proposé avec la mise en service d’une ligne de bus express sur une voie dédiée reliant La Garde à la gare de Vaise sur la section Nord et une ligne express reliant la halte d’Yvours jusqu’à la place Bellecour sur la section Sud.

Néanmoins, cette profonde mutation de l’axe A6/A7 ne sera réalisable qu’à condition de réduire drastiquement le flux de véhicules qui l’emprunte au quotidien.

La requalification de l’A6/A7 est un élément parmi d’autres d’un projet global et cohérent à l’horizon 2030 mené avec l’ensemble des acteurs de la mobilité pour répondre aux enjeux de déplacements sur le territoire de la Métropole.

Le Sytral s’est pour cela doté d’un plan de mandat ambitieux de plus d’un milliard d’euros pour proposer une offre nouvelle et plus attrayante de transports en commun  sur l’ensemble du territoire à travers des projets structurants.

Je ne les citerai pas tous, mais il y a bien sûr le prolongement du métro B aux Hôpitaux et la création du tramway T6 jusqu’aux Hôpitaux Est, avec la réalisation de parc relais correspondants pour ne citer que quelques exemples…

C’est aussi la poursuite des études et prospectives pour préparer l’avenir à des échéances plus lointaines, comme la création d’un métro de Lyon 5ème vers Alaï ou le prolongement de la ligne T6  vers la Doua. D’autres projets sont à approfondir, notamment le traitement de l’entrée sud et sud-ouest de l’agglomération aujourd’hui  saturée, avec le prolongement du métro B jusqu’à l’A450 et de la ligne A vers le boulevard urbain Est.

C’est enfin les investissements qui accompagneront la réalisation également indispensable de l’anneau des sciences,  autre pièce maîtresse du dispositif.  L’objectif est d’en faire une véritable infrastructure multimodale connectée au réseau de transports publics.

Ce sont les orientations retenues à l’issue du débat public national .. Je vous le rappelle mes chers collègues.

Pour réussir le déclassement de l’A6/A7, nous devons aussi éloigner de l’agglomération l’intégralité du trafic de transit qui n’y a pas sa place, en exploitant mieux le potentiel de l’ A432 aujourd’hui trop peu utilisée. De la même manière, le trafic de transit venant de l’ouest doit lui aussi être traité correctement. Je pense ici à la nécessité de ne pas faire déboucher la future A45 dans l’agglomération mais bien de la connecter plus au sud. La création d’un barreau A89/A46 Nord relève de la même logique.

Il faut – là aussi – de la cohérence dans la posture des uns et des autres et le soutien des élus pour entendre les craintes légitimes de certains sur le phasage proposé.

Il nous faut en effet anticiper dès à présent les conséquences du déclassement  – et sa réussite – et veiller à la bonne réalisation de l’ensemble de ces projets,  lesquelles, ne l’oublions pas, relèvent de maîtrises d’ouvrage variées et ont des temporalités différentes.

En proposant un programme d’actions concret et réalisable à court terme pour la requalification de l’A6/A7, la métropole crée un véritable effet d’entraînement. C’est un signal fort envoyé à l’État pour que soient tenus les engagements et les délais sur les opérations relevant de sa responsabilité. Nous voyons d’ailleurs dès à présent les effets positifs de la dynamique que nous avons lancée avec l’accélération de la présentation des scénarii et de la définition des calendriers.

C’est aussi un signal fort envoyé aux autres acteurs concernés par la problématique de la mobilité dans notre agglomération. Le ferré doit notamment être un volet à part entière de ce plan global avec un investissement important attendu de la région avec le développement des Tram trains en provenance des 4 points cardinaux de notre agglomération.

En ce sens, les premiers aménagements proposés par la Métropole ne sont pas un aboutissement mais bien un commencement.

La Métropole devra continuer à peser de tout son poids pour mobiliser l’ensemble des acteurs concernés. C’est la condition de la réussite du projet de boulevard urbain sur l’A6/A7 et de son acceptation par les populations des territoires métropolitains.

Il s’inscrit aussi dans  la réussite  de notre politique de transition écologique et énergétique

Avec le recul, nul doute que ce qui a été engagé aujourd’hui sera plébiscité et perçu comme une évidence et une impérieuse nécessité qui est aussi territorialement de notre responsabilité d’acteurs territoriaux.

Je vous remercie de votre attention.

Roland CRIMIER, Vice-Président de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

%d blogueurs aiment cette page :