Déclassement A6/A7

photo RC

Monsieur le Président, chers collègues,

Je ne reviendrai pas sur le constat partagé par tous d’une erreur urbanistique majeure qu’il convient désormais de réparer. En prenant cette décision, l’État reconnait la capacité de la Métropole de Lyon de prendre en main un dossier complexe et impactant du point de vue financier.

Évidemment, cette avancée ne constitue pas la fin de l’histoire mais bien son commencement. Il doit être conçu comme un élément parmi d’autres d’un projet global et cohérent pour répondre aux enjeux de déplacements sur le territoire de la Métropole.

La transformation de la portion déclassée de l’A6/A7 en boulevard urbain permettra de requalifier les entrées sud et nord de notre agglomération. Nous mesurons d’ailleurs l’impact positif de ce type d’aménagement qualitatif, à l’image de l’entrée Mermoz, sur la rue Garibaldi ou le cours Lafayette. Mais cette mutation n’est envisageable qu’à condition de réduire drastiquement le flux de véhicules qui emprunte au quotidien l’axe A6/A7.

Il s’agit en premier lieu d’éloigner l’intégralité du trafic de transit qui n’a pas sa place en cœur d’agglomération, et ainsi de soulager les voiries à vocation métropolitaine.

Des études conduites par l’État et cofinancées par la Métropole de Lyon sont toujours en cours. Mais nous savons déjà que l’option la plus réaliste, tant en termes financier que du point de vue du calendrier, se situe à l’Est, en utilisant autant que possible les infrastructures existantes et particulièrement  l’A432 aujourd’hui largement sous exploitée.

Grâce à des opérations relativement simples comme l’élargissement de l’A46 sud, ou plus complexe comme la  reconfiguration des échangeurs de Ternay et de Manissieux, un premier itinéraire de contournement pourrait rapidement voir le jour, en attendant, à plus long terme, une solution plus durable avec un barreau dédié à l’évitement de l’agglomération par l’A432.

Aujourd’hui, si l’A432 est sous utilisée, c’est en partie car elle est payante. Nous ne pourrons donc faire l’économie d’une réflexion approfondie sur les moyens de rendre ce grand contournement incontournable, c’est le cas de le dire !

Le but poursuivi est bien sûr de soulager la rocade est et le périphérique dont les riverains et les entreprise pâtissent du congestionnement actuel.

De la même manière, le trafic de transit venant de l’ouest doit lui aussi être traité correctement. Je pense ici à l’impérieuse obligation de ne pas faire déboucher la future A45 dans l’agglomération mais bien de la connecter plus au sud. De la même manière, la création d’un barreau A89/A46 Nord parait indispensable.

La situation particulièrement difficile à Solaize et Vernaison illustre bien l’état de saturation de l’A7 qui fait subir à ces communes un important trafic de transit cherchant à contourner les bouchons récurrents sur l’autoroute. Cela pose également la question du traitement du franchissement du Rhône à Vernaison aujourd’hui problématique.

Néanmoins, ce «  grand contournement » Est ne sera pas à lui seul suffisant si l’on envisage de créer un boulevard urbain supportant à terme 50.000 véhicules par jour, ce qui est un chiffre ambitieux à l’horizon 2030.

A ceux qui pensent qu’on a perdu du temps, rappelons que sur les 10 dernières années, l’Etat n’a réalisé  que 2 pénétrantes autoroutières, malgré l’avis contraire des élus locaux, renforçant encore un peu plus la congestion du trafic sur notre territoire.

Pour limiter le trafic sous le tunnel Fourvière et éviter un important report sur les voiries métropolitaines de nos communes, d’autres leviers sont à actionner.

Cela passe notamment par la réalisation du projet de l’anneau des sciences tel que validé à l’issue du débat public, donc acté dans son tracé, et conçue comme un outil multimodal connecté au réseau de transports publics.

A ceux qui pensent que l’anneau des sciences n’est pas un investissement pertinent sur le long terme car au fil du temps les usages vont se modifier, je réponds qu’il faut justement assurer cette transition pour éviter des problèmes de reports sur la Rocade Est ou ailleurs à court et moyen terme.

Lorsqu’une baisse significative du trafic automobile sera effectivement constatée, l’anneau des sciences pourra constituer un magnifique site dédié aux transports en commun (TCSP) qui sera circulaire, avec donc l’intérêt majeur de pourvoir assurer de nécessaires liaisons de périphérie à périphérie loin du modèle historique en étoile aujourd’hui dépassé.

C’est donc bien un investissement d’avenir.

Cela passe également par le développement des transports en commun puisque favoriser l’intermodalité est bien le seul moyen de diminuer le recours à l’automobile. Le plan de mandat actuel du Sytral prévoit déjà, jusqu’en 2020 cette orientation, mais face aux enjeux de la transformation de l’A6/A7, il semble nécessaire de se projeter au-delà de ces projets.

Il s’agit donc de développer une offre nouvelle et attrayante de transports en commun sur l’ensemble du territoire, tant par train que par métro, tramway, ou bus, ainsi que par la mise à disposition des parcs relais correspondants. Je pense en particulier au projet de métro E et surtout au traitement de l’entrée sud et sud-ouest de l’agglomération aujourd’hui complétement saturée, avec le nécessaire prolongement du métro B jusqu’à l’A450 et de la ligne A vers le boulevard urbain qui permettrait de capter en amont le trafic automobile et ainsi diminuer  les flux sur l’A6/A7.

Le ferré doit être un volet à part entière de ce plan global avec un investissement important de la région tant pour les lignes secondaires qui concernent des communes comme l’Arbresle, Tarare, Brignais, ou encore Givors, que le RER à la lyonnaise.

C’est bien l’ensemble de ces mesures qui doivent constituer l’ambitieux projet de réorganisation des grands axes de circulation dans la Métropole que nous appelons de nos vœux et qui vise à résorber le trafic automobile dans notre agglomération.

Ces projets ont évidemment des temporalités différentes et relèvent de maîtrises d’ouvrage différentes mais il est indispensable d’anticiper dès à présent les conséquences du déclassement.

La Métropole devra y veiller et peser de tout son poids pour mobiliser l’ensemble des acteurs concernés afin de respecter le calendrier envisagé. La responsabilité de chaque collectivités et acteurs concernés est engagée.

C’est la condition de la réussite du projet de boulevard urbain sur l’A6/A7 et de son acceptation par les populations des territoires métropolitains impactés.

Je vous remercie.

Roland CRIMIER, Vice-président de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

%d blogueurs aiment cette page :