Plan mobilités douces 2016-2020

Marylènesmall

Monsieur le Président, chers collègues,

En matière de mobilités douces, dont le développement représente un enjeu majeur pour notre agglomération, nous avons des motifs de satisfaction.

J’axerai cette intervention particulièrement sur  l’usage du vélo, mode pouvant être rapidement développé, si l’on regarde par exemple ce qui a pu être réalisé dans d’autres grandes Métropoles européennes comme Copenhague.

Dans le rapport, on constate que la pratique du vélo s’est fortement accrue avec une multiplication par plus de 3 du trafic cycliste depuis 2005 en centre-ville de Lyon sur un rythme de croissance de + 15 à 20 % par an en moyenne.

Ce que montrent ces quelques chiffres est que le développement des mobilités douces n’est pas le fruit du hasard. Il est en grande partie le résultat des politiques publiques mises en œuvre sur un territoire donné. Il y a les choix faits dans l’aménagement de nos voiries pour rendre la ville plus attractive pour les piétons et les cyclistes comme la réalisation des berges de Saône et du Rhône.

Il y aussi les services innovants mis à la disposition du public pour les inciter à se déplacer autrement, à l’image de Vélo’v qui a joué un rôle déterminant dans la progression du vélo dans notre agglomération. On enregistre aujourd’hui sur notre réseau 23 000 locations par jour c’est-à-dire près de 6,5 trajets par vélo et par jour, un chiffre en constante progression.

Nos efforts doivent donc être poursuivis et même amplifiés. Des marges de progression importantes existent puisque 70 % des déplacements de l’agglomération sont inférieurs à 3 km, alors que 30 % de ceux inférieurs à 1 km se font en voiture ou en transports collectifs et que 58 % de ceux de 3 km se font en voiture.

Pour ce qui concerne le vélo plus particulièrement, le chemin est encore long afin que le Grand Lyon rattrape les villes vertueuses du Nord de l’Europe à l’image d’Amsterdam, où la part modale avoisine les 50% dans le centre.

En dix ans, et malgré l’arrivée de Vélo’v, la part modale est restée stable à 2 % d’après les résultats de la dernière enquête “ménages/déplacements”. Autant dire que l’objectif de 8% affiché à l’horizon 2030 dans le cadre du PDU est particulièrement ambitieux. Mais notre agglomération a tout le potentiel pour y parvenir.

Pour cela, il faut jouer sur tous les tableaux. Le Plan d’Actions Mobilités Actives 2016-2020 contient des mesures variées autour d’objectifs stratégiques forts comme l’aménagement de 1.000 km de pistes cyclables d’ici 2020 ou la mobilisation de 160 millions d’€.

Néanmoins, une attention particulière doit être portée au service Vélo’v, de manière à ce qu’il puisse prendre une nouvelle dimension. Il est prévu dans le futur marché une extension à certaines communes de la première couronne. Cela va dans le bon sens mais il faudrait envisager un déploiement étendu aux communes plus lointaines, déjà faiblement desservies par les transports en commun.

En effet, mis à part Lyon et Villeurbanne, et 5 stations à Caluire-et-Cuire et Vaulx-en-Velin, aucune des autres communes de la Métropole ne bénéficie du Vélo’v. Autrement dit, seulement 12 % du territoire et 47% de la population sont concernés.

Le potentiel pour le développement de la pratique du vélo dans nos communes existe pourtant bel et bien. De nombreux bassins de proximité mériteraient d’être équipés car ils comptent des pôles d’accès aux transports en commun, mais aussi des zones d’activités et d’habitat importantes, ce qui génère de nombreux déplacements de communes à communes et pas uniquement vers le centre de l’agglomération.

C’est notamment le cas du sud-ouest lyonnais qui verra dans un avenir proche l’arrivée du métro. Cela rendra encore plus nécessaire de développer les liaisons intra habitat et zone d’activités de ce secteur, selon le principe de subsidiarité territoriale cher à Roland CRIMIER.

De la même manière, certains élus de notre groupe regrettent que le développement des pratiques douces soit souvent pensé de et à partir de Lyon, or de nombreux aménagements de voirie peu couteux dans les villes en couronne, y compris sur les axes secondaires dans les zones pavillonnaires permettraient de banaliser le partage de la voirie et faciliteraient les liaisons entre villes de l’agglomération.

Il faut donc regarder comment on peut y développer l’offre vélo de manière volontariste et conséquente, et en particulier le vélo électrique, puisque la topographie de nos communes n’est pas très favorable à une pratique aujourd’hui réservée à un public convaincu certes, mais surtout plus sportif.

Je vous remercie.

Marylène MILLET, Conseillère métropolitaine

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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