Délégation des aides à la pierre 2015-2020 – Bilan 2015 et programmation 2016

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Monsieur le Président, chers collègues,

La question de l’habitat est au cœur de nos préoccupations quotidiennes.

Le rapport 2016 de la fondation Abbé Pierre dresse un tableau de l’état du mal-logement en France qui reste particulièrement problématique.

Il confirme la dégradation de nombreux indicateurs, qu’il s’agisse du nombre de personnes sans domicile, en précarité́ énergétique, en effort financier excessif ou en hébergement contraint chez des tiers. Notre pays compterait ainsi un peu moins de 4 millions de mal-logés et 12 millions de personnes touchées par la crise du logement.

Le territoire de la Métropole reste concerné, malgré des efforts considérables de construction. Dans l’agglomération, le nombre de résidences principales augmente en effet avec régularité pour atteindre 612 000 logements en 2013. Plus de 4.200 logements sociaux ont été financés en 2015, soit un chiffre supérieur à l’objectif de 4.000 logement inscrits au plan local de l’urbanisme et réaffirmé dans notre programmation 2016.

Si la part des logements sociaux représente  près de 24 % du parc de logements, on recense encore 47.000 demandeurs inscrits dans le fichier commun de la demande de logement social.

Si on assiste à un ralentissement de la hausse, les prix au m² des logements non sociaux ont augmenté 4 à 6 fois plus que les prix à la consommation entre 2001 et 2014.

Dans ce contexte, les aides à la pierre, pour lesquelles la Métropole mobilise cette année un enveloppe de près de 30 millions d’€, constituent un instrument essentiel au service de notre politique du logement. Elles visent, en effet, à apporter des aides financières tant en faveur de la production de logements locatifs sociaux, qu’en faveur de la création de places d’hébergement, de la location-accession ou encore de l’amélioration de l’habitat privé.

Au-delà de la seule question centrale du logement social, les aides à la pierre participent ainsi efficacement à la lutte contre l’habitat indigne et la précarité énergétique, le traitement des copropriétés en difficulté, l’adaptation des logements à la perte d’autonomie et l’humanisation des centres d’hébergement.

Mais les aides à la pierre ne sont pas les seuls outils à notre disposition. La Métropole a, en effet, mis en place des dispositifs innovants. Avec le Plan 3A, récemment reconduit, ce sont 1 100 primes de 2000€ à 5000 € qui ont été versées en moins de 2 ans à des ménages primo-accédants à revenus modestes et moyens. L’accession à la propriété est une aspiration très forte de nos concitoyens que nous devons continuer de favoriser. Selon un sondage CSA de mars 2015 réalisé au niveau national, 88% des moins de 40 ans souhaitent devenir propriétaire, alors qu’en 2013, le taux de ménages propriétaires s’établit à 58%.

Il y a aussi le dispositif Écorénovation pour inciter les propriétaires des logements du parc privé à entreprendre une démarche d’éco-rénovation de leur habitation. C’est une mesure essentielle, autant pour faire baisser la facture énergétique des ménages, que pour atteindre les objectifs inscrits dans notre plan climat énergie territorial. Sur la période 2012-2014, près de 900 logements dans le parc privé ont été financés à hauteur de 2 M€, générant près de 20 M€ de travaux. Ce secteur est ainsi un véritable gisement d’emplois, sur lequel sont déjà présentes des entreprises et notamment des entreprises d’insertion,  qui recrutent et que la métropole accompagne au titre des filières, dans le cadre de notre plan métropolitain d’insertion pour l’emploi.

C’est bien l’ensemble de ces leviers complémentaires, mais aussi tous les acteurs du logement, que la Métropole doit mobiliser au service de notre politique ambitieuse de l’habitat.

Notre politique doit développer des réponses adaptées aux demandes diverses de nos habitants, en lien avec le dynamisme démographique de notre agglomération et les nouveaux modes de vie, en créant, en quantité suffisante, une offre variée dans le logement social, le parc locatif privé, et l’accession à la propriété. Je rappelle qu’au total 15 logements différents sont aujourd’hui nécessaires pour assurer un parcours résidentiel satisfaisant pour un ménage.

Notre politique doit également veiller à l’équilibre territorial de l’offre locative pour construire une véritable mixité sociale. Il s’agit là de répondre à une demande qui, si elle se concentre dans les territoires les plus urbains, s’exprime également dans les petites villes et les zones rurales de notre agglomération. Ce difficile équilibre à trouver entre la répartition de l’effort de construction et la prise en compte de la diversité et des caractéristiques de nos territoires est l’un des principaux enjeux pour notre métropole.

Je vous remercie.

Fouziya BOUZERDA, Présidente du groupe CIMéT, Conseillère déléguée de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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