Dispositif MONALISA

Marylène[1]

Monsieur le Président, chers collègues,

La lutte contre l’isolement et la solitude des seniors est un enjeu de société majeur. Les plus de 75 ans constituent en effet près d’un quart de la population en situation d’isolement relationnel, aujourd’hui environ 1,5 millions de personnes.

En outre la part de personnes âgées isolées ou se sentant seules augmente de manière importante.  Si rien ne change, ce sont près de 4 millions des plus de 75 ans qui souffriront de cet isolement social dans 25 ans.

C’est dire l’importance de la démarche MONALISA dans laquelle il est aujourd’hui proposé de s’engager. L’association MONALISA est née d’une collaboration inédite entre la société civile et les pouvoirs publics. Elle encourage et permet la participation des citoyens et des acteurs locaux volontaires pour rompre l’isolement des personnes âgées isolées .

Très concrètement, les équipes citoyennes MONALISA s’organisent en associations ou au sein d’associations existantes, des CCAS, des centres sociaux, etc…  pour mener des actions bénévoles de proximité.

Sur le Rhône une coordination départementale s’est constituée autour de l’Union Départementale des CCAS du Rhône et de la Métropole de Lyon., de l’OPAC du Rhône  puis de LYON Métropole Habitat et de nombreux partenaires : FDCS,  URIOPPS,  CRIAS,  CARSAT,  Restos du coeur, SVP,  Petits Frères des Pauvres… Le 7 avril 2016 notre coopération départementale invite d’ailleurs tous les acteurs de la lutte contre l’isolement à une présentation officielle de l’outil diagnostic réalisé ainsi qu’à un échange sur cette thématique de l’isolement.  Cette mobilisation permettra par la suite la création des équipes citoyennes.

En rejoignant la coordination et en adhérant à la charte MONALISA, la Métropole  place la question de l’isolement et de la solitude des personnes âgées au cœur de ses politiques de solidarités. Nul doute que notre engagement en la matière constituera un des piliers de la Métropole inclusive que nous entendons bâtir.

La lutte contre l’isolement participe en effet de la fondation des liens de solidarité et de fraternité.  Elle est une contribution essentielle au mieux vivre ensemble et au renforcement de la cohésion sociale sur notre territoire.

Se mobiliser contre l’isolement des âgés, c’est également agir contre la perte de sens parfois ressentie par notre société, notamment par les plus jeunes. Ce n’est pas seulement défendre les droits des âgés à être considérés comme acteurs de la cité, c’est également reconsidérer l’apport de chacun pour la collectivité et la réciprocité qui lui est inhérente.

S’engager dans le dispositif MONALISA représente un autre enjeu majeur pour la Métropole.  L’isolement social des seniors est en effet un facteur indéniable de la perte progressive d’autonomie. Quand une personne n’est plus inscrite dans la vie sociale, elle se replie sur elle-même et perd son autonomie.

Il est important que les personnes âgées isolées soient repérées pour être accompagnées dans les meilleures conditions.  Cela nous permet ainsi d’agir sur la prévention des petites pertes d’autonomie et de réduire la période de grande perte d’autonomie qui n’est pas inéluctable.

De la même manière, la lutte contre l’isolement favorise le maintien à domicile qui répond à une demande forte des  publics visés  dont c’est le souhait majoritaire. La  condition  nécessaire  pour  rester  à  domicile  n’est  d’ailleurs pas  l’absence  de dépendance  physique. 61  %  des  bénéficiaires  de l’allocation personnalisée d’autonomie restent  à  domicile  et  parmi eux,  30  %  sont  des  personnes  très  dépendantes  qui  peuvent  rester  au  domicile essentiellement parce qu’elles bénéficient d’une aide.

Sur ces deux aspects, les enjeux financiers sont considérables. Pour la Métropole, l’APA s’élèvera à 102,3 M€ en 2016 pour 25.244 bénéficiaires. Les frais de séjour en établissements, qui concernent plus de 2 700 résidents, sont estimés quant à eux à 33 M€.

Il convient de rappeler que ces charges sont très dynamiques pour des raisons structurelles. La France compte aujourd’hui 1,3 millions de personnes dépendantes. En 2040, 2 millions de Français souffriront de perte d’autonomie, soit 9 % des plus de 60 ans, selon les estimations de l’Insee et de la Drees (étude février 2014).

Favoriser le maintien à domicile répond donc, non seulement aux impératifs d’un environnement budgétaire contraint mais également aux choix de vie des personnes âgées.

La démarche MONALISA s’inscrit ainsi pleinement dans notre politique pour l’autonomie des personnes âgées.  Elle s’intègre également dans la nouvelle loi sur l’adaptation de la société au vieillissement qui place la question de la lutte contre l’isolement au cœur de la prévention de la perte d’autonomie.

Je vous remercie.

Marylène MILLET, Conseillère métropolitaine

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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