Débat d’orientations budgétaires 2016

Sans titre

Monsieur le Président, chers collègues,

Ce projet de budget 2016 nous rappelle, s’il le fallait, que nous évoluons dans un contexte particulièrement contraint. Cette année, il faudra compter avec 57 millions d’euros de dotations de l’État en moins par rapport à  2015 et la baisse cumulée des dotations totalisera 1 milliard d’€ sur la durée du mandat.

C’est un mouvement de fonds auquel nous devons faire face, celui de la nécessaire réduction des dépenses de l’Etat, même si nous pouvons déplorer la brutalité de la baisse des dotations.

Ce nouveau contexte de l’action publique doit trouver une traduction concrète dans l’élaboration de ce budget 2016.  Les propositions qui y sont inscrites traduisent une vision équilibrée qui nous permet de continuer à préparer l’avenir.

Un effort important est ainsi prévu pour ce qui concerne les charges générales, en baisse de 2.1% par rapport à l’exercice précédent. C’est également le cas des subventions et des participations versées par la Métropole, qui sont réduites de 4,2%. Hormis pour le Sytral, le Service métropolitain d’incendie et de secours et les subventions à caractère social, cette baisse atteint même 8,2%.

Un autre point de satisfaction pour notre groupe est l’objectif d’évolution de la masse salariale fixé à 0%, ce qui, dans les faits, va représenter un effort substantiel compte-tenu notamment du financement du glissement vieillesse technicité au profit de nos agents, estimé à 4 millions d’euros.

Alors que les dépenses de personnel représentent une part importante des budgets des collectivités, et que l’on constate au niveau national une dynamique très clairement orientée à la hausse,  la Métropole montre l’exemple par sa capacité à les maîtriser.

Au final, grâce à un programme d’économies volontariste de plus de 33 millions d’€ dès 2016, l’évolution de nos dépenses de fonctionnement sera limitée à 1,7%, alors même que les dépenses sociales obligatoires enregistrent de nouveau une forte augmentation.

Pour le seul revenu de solidarité active, le nombre d’allocataires est en hausse de 5%,  auquel s’ajoutent les revalorisations du montant de l’allocation décidées par l’Etat, de 2 % par an soit 10 % sur 5 ans. Cela représente un surcout de 10 millions d’euros par rapport à  l’année précédente. Je rappellerai à ce sujet que l’Etat ne compense nos dépenses de Revenu de solidarité active qu’à hauteur de 53%.

La progression de nos charges sociales, qui constituent, et de loin, la première dépense de fonctionnement de la Métropole avec plus de 700 millions d’€, explique le léger recul de notre autofinancement, qui se maintient néanmoins à un niveau satisfaisant. Les efforts de rationalisation engagés nous permettent ainsi cette année de continuer à investir avec près de 500 millions d’€ de crédits de paiement.

À plus long terme, le défi est donc double pour la Métropole : assurer les nouvelles missions héritées du département dans de bonnes conditions et préserver notre capacité à dégager des marges d’investissement afin de réaliser l’ambitieuse PPI récemment adoptée. Une baisse de nos dépenses d’investissement fragiliserait encore plus le tissu économique de notre agglomération, qui a fait preuve d’une certaine résistance face à la crise, avec un solde positif de créations d’emplois.

Un tel scénario, et j’entends par là une baisse de nos dépenses d’investissement, serait d’ailleurs contre-productif pour une collectivité en charge des politiques sociales avec, in fine, des conséquences négatives sur l’activité de nos entreprises et donc sur l’emploi.

C’est bien en relevant ce double défi que nous ferons du projet métropolitain lyonnais une réussite, un modèle à suivre pour les autres Métropoles. Pour y parvenir, plusieurs leviers sont à mobiliser :

Il s’agit en premier lieu de poursuive et même d’amplifier les efforts de rationalisation budgétaire engagés, qui doivent néanmoins rester compatibles avec le maintien d’un niveau de services en phase avec les attentes de nos concitoyens. Sur ce point, notre collectivité doit se montrer exemplaire en faisant la chasse au gaspillage et en identifiant les gisements d’économies. Il sera aussi nécessaire de procéder à des ré-arbitrages pour un certain nombre d’actions qui devront être abandonnées ou réorientées en fonction des résultats obtenus. Le chantier marges de manœuvre, qui prévoit 175 millions d’€ d’économie sur la durée du mandat, jouera un rôle essentiel en la matière.

Mais le pacte de cohérence métropolitain que nous venons d’adopter est également porteur d’un certain nombre d’innovations à exploiter. Les modes renouvelés de collaboration entre nos collectivités doivent permettre de réaliser des économies de gestion. Je pense par exemple à la possibilité offerte par le Pacte de créer des plateformes de services, offrant un panel de prestations pour les Communes. L’année 2016 sera à ce titre déterminante avec la déclinaison du pacte sur chaque territoire à travers les contrats territoriaux.

L’autre priorité est de poursuivre le renforcement de l’attractivité et du rayonnement de notre Métropole, synonyme de création d’emplois et de richesses. Notre agglomération s’inscrit d’ores et déjà dans une dynamique positive tant en matière d’implantations d’activités et d’entreprises (92 en 2015) qu’en matière de tourisme comme l’illustrent les rapports d’activités de l’Office du tourisme et de l’Aderly, qui nous sont présentés aujourd’hui.

La progression de notre agglomération dans de nombreux classements de référence est un indicateur de ces bonnes performances :

  • Lyon, 1ère ville attractive de France devant Paris (Classement PwC 2015).
  • Lyon, 7ème ville européenne la plus attractive pour les investissements internationaux (Classement IBM Global Location Trends 2015)
  • 2ème destination française de tourisme d’affaires en France après Paris (classement UAI 2014 des villes de congrès).
  • 4ème destination française préférée des touristes étrangers sur l’agrément (classement Tripadvisor 2015)
  • 1ère position parmi les 10 meilleures villes européennes pour un City Break (The Daily Telegraph 2015)

Ces chiffres sont encourageants. Les résultats obtenus jusqu’à présent montrent qu’une politique volontariste en la matière porte ses fruits. Afin de renforcer le positionnement de notre agglomération, il est indispensable d’accompagner les efforts engagés en mobilisant de nouveaux leviers.

Relever ce défi passera enfin par l’amélioration de l’efficacité de nos politiques publiques, notamment en matière d’emploi et d’insertion. Ainsi, le Programme métropolitain d’insertion pour l’emploi que nous avons récemment adopté traduit cette ambition.

2015 fut une année de transition nécessaire pour mettre notre nouvelle collectivité sur les rails, assurer la continuité du service public et prendre le temps de s’approprier les compétences héritées du département. En 2016, la Métropole passe à la vitesse supérieure, en définissant sa propre politique sur un certain nombre de champs d’action stratégiques : réalisation du schéma métropolitain de développement économique et du schéma des solidarités, mise en œuvre du PMIE et du pacte de cohérence métropolitain.

Aujourd’hui, l’adoption du premier rapport d’orientations budgétaires de la Métropole est l’occasion de débattre des grandes orientations du budget futur. Les élus du groupe CIMéT saisissent cette occasion pour réaffirmer  les principes d’actions que nous défendons : une gestion rigoureuse des deniers publics au service d’une politique d’investissement ambitieuse, qui assure un développement équilibré de l’ensemble de notre territoire métropolitain, au sein duquel chacun doit pouvoir trouver sa juste place.

Fouziya BOUZERDA, Présidente du groupe CIMéT, Conseillère déléguée de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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