Budget primitif 2016

Sans titre

Monsieur le Président, chers collègues,

Notre Vice-Président aux finances, Richard Brumm, a rappelé le contexte particulièrement contraint dans lequel évolue la Métropole cette année.

Au fond, nous sommes confrontés à une sorte de triangle des incompatibilités à l’échelle locale. Nous devons à la fois assumer nos compétences, notamment les nouvelles héritées du Département, faire face à la baisse brutale des dotations de l’Etat tout en maintenant notre autofinancement pour alimenter un programme d’investissement ambitieux au service du développement de notre territoire.

Nous y parvenons grâce à des efforts importants de rationalisation budgétaire avec la mise en œuvre du chantier marges de manœuvre qui se traduit par une baisse significative des charges générales et des subventions et participations versées par la Métropole. L’objectif d’évolution de la masse salariale fixé à 0% représente un autre gisement d’économies. Et dans ce domaine, il nous faut anticiper pour assumer les conséquences financières  de décisions qui nous échappent, à l’image de l’augmentation du point d’indice pour les fonctionnaires récemment annoncée par le gouvernement.

Ces efforts nous permettront de poursuivre un programme d’actions ambitieux dans les différents champs de compétences de la Métropole dont le budget est également l’occasion d’affirmer nos choix sur les grandes politiques que nous entendons mener.

Je pense en premier lieu à nos actions de solidarité, qui représentent plus de 700 millions d’€, c’est à dire près d’un tiers de nos dépenses de fonctionnement, autour de 4 grandes politiques : la compensation du handicap, le bien vieillir, l’enfance et la famille et l’emploi et l’insertion. Bâtir une métropole inclusive, c’est venir en aide aux personnes les plus fragiles. Cette solidarité est au fondement de notre pacte social.

L’année 2016 sera notamment celle de la mise en œuvre du programme métropolitain d’insertion pour l’emploi. Plus de 254 millions d’€ seront consacrés au versement de l’allocation RSA, mais aussi aux actions d’insertion par l’activité économique et aux mesures d’accompagnement social et socio-professionnel, notamment avec le cofinancement de contrats aidés et le soutien aux ateliers et chantiers d’insertion pour remettre en selle les personnes éloignées de l’emploi. L’objectif, cette année, est de financer en moyenne mensuelle près de 900 postes contre 800 en 2015.

Pour contenir cette dépense sociale, nous entendons articuler nos compétences d’insertion et de développement économique, et ainsi disposer de leviers d’actions que n’avait pas le Département. C’est bien l’ambition du PMIE qui prévoit de mobiliser les entreprises à travers l’opération 1000 entreprises pour l’insertion et de développer une offre de services qui leur soit dédiée, avec la mise en place d’un chargé de liaison entreprise emploi.

La Métropole affiche aussi ses ambitions en matière de développement économique et de compétitivité, qui seront déclinées dans le futur schéma métropolitain de développement économique, à travers la promotion de l’entrepreneuriat ou le soutien aux filières d’excellence comme le Biopole à Gerland. Elle le fait aussi en matière de rayonnement et d’attractivité par un soutien affirmé à l’Office de tourisme et à l’Aderly. Et les résultats sont au rendez-vous avec 92 implantations d’activités et d’entreprises en 2015.

Le volontarisme de ce budget trouve également une traduction concrète sur la question du logement et de l’habitat qui est une préoccupation centrale pour nos concitoyens. Les crédits de fonctionnement alloués à la production et l’amélioration des logements locatifs publics et privés sont en progression de 8,6% par rapport à 2015, afin de mieux répondre aux besoins de l’ensemble des Grands Lyonnais. Plus de 14 millions d’€ sont notamment consacrés au soutien au logement social, auxquels s’ajoutent la délégation des aides à la pierre pour 36 millions d’€ de dépenses. Le maintien d’un niveau élevé de production de logements locatifs est une priorité, pour l’emploi et les 47.000 demandeurs de logement qui sont recensés à l’heure actuelle dans le fichier commun de la demande de logement social.

Dégager des marges de manœuvre pour se consacrer à l’essentiel, c’est en particulier continuer d’investir. En maintenant notre autofinancement à un niveau satisfaisant, nous permettons à la Métropole d’engager cette année près de 500 millions d’€ de crédits de paiement pour la mise en œuvre de la Programmation pluriannuelle d’investissement de 3.5 milliards d’€ sur le mandat que nous avons adoptée.

De nombreux indicateurs viennent confirmer la dynamique positive dans laquelle s’inscrit la Métropole et que révèle sa progression continue dans de nombreux classements de référence, tant sur les questions d’attractivité économique que de tourisme.

Ce dynamisme économique et démographique de notre agglomération, dont la population totale est désormais supérieure à 1.3 millions de personnes, est en partie le résultat de l’effet de levier qu’exercent nos politiques publiques dans différents champs de compétences.

A l’avenir, nos efforts devront être poursuivis et même  amplifiés sur ces deux fronts :

  • le renforcement de l’attractivité et du rayonnement de notre Métropole, synonyme de création d’emplois et de richesses.
  • la rationalisation budgétaire afin de limiter l’impact de l’augmentation des politiques sociales qui est structurelle, et de dégager des marges d’investissement supplémentaires. Il ne s’agit évidemment pas de sabrer dans les dépenses de manière aveugle, mais avant tout d’améliorer l’efficacité de l’action publique qui est une priorité absolue. Le pacte de cohérence métropolitain est par exemple porteur d’un certain nombre d’innovations à exploiter pleinement pour réaliser des économies de gestion. L’année 2016 sera à ce titre déterminante avec la déclinaison du pacte sur chaque territoire à travers les contrats territoriaux.

C’est en poursuivant dans cette voie que nous ferons de la Métropole une réussite. Le modèle lyonnais de l’intercommunalité est attentivement observé de l’extérieur parce que notre collectivité constitue une architecture institutionnelle unique en France, alors que dans le même temps, de nombreux départements sont étranglés financièrement, ce qui montre les limites d’une décentralisation fondée sur une trop grande spécialisation du niveau départemental. La recentralisation du financement du RSA, dont il est beaucoup question, est en ce sens symptomatique.

La Métropole de Lyon montre un autre chemin possible qui deviendra peut-être demain, si nous réussissons, une référence pour les autres métropoles et un modèle de gouvernance de l’hyper urbain.

Je vous remercie.

Fouziya BOUZERDA, Présidente du groupe CIMéT, Conseillère déléguée de la Métropole de Lyon

Groupe politique à la Métropole de Lyon

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